Docteur à Londres, professeur d’anglais à Berlin ou policière aux Etats-Unis

Ariane - Frence

Quelques une de nos futurs médecins français ou institutrices anglaises...

C’est dans une école très réputée de Madurai, Vellividiyar corporation girls school, que nous avons fait la rencontre de jeunes filles ayant entre 11 et 15 ans, toutes prises d’un seul et même rêve : travailler à l’étranger. Devenir docteur à Londres, professeur d’anglais à Berlin ou bien policière aux Etats Unis, chacune d’elle nous racontait son désir les yeux pétillants et le sourire aux lèvres. Mais derrière ce qui ne semble être que des rêves de petites filles se cache une réelle ambition, celle d’aider l’Inde à se développer grâce aux nouvelles connaissances acquises et à l’argent gagnée par cette expérience.

Vellividiyar corporation girls school est un collège de plus de 300 élèves situé aux extrémités de Madurai, qui est notamment connue pour la qualité de son apprentissage, ses prix abordables mais aussi, et surtout, pour les volontaires qui viennent y enseigner. En effet, l’organisme Project Abroad y envoie régulièrement des bénévoles de différentes origines afin de stimuler les enfants et l’activité de l école. Et ca marche ! Car toutes m’ont avoué avoir choisit cette école pour côtoyer et apprendre aux côtés d’étrangers « cela nous permet d’apprendre l’anglais, d’entendre de nouveaux sons et de découvrir des choses sur les autres cultures » me confie l’une d’entre elles. Elles n’ont ainsi pas de cours d’anglais à proprement parlé mais des cours en anglais, pratiqués par des personnes bilingues ou provenant de pays anglophones. Avec un tel procédé, cela ne semble donc pas étonnant que ces jeunes filles d’une dizaine d’années seulement maitrisent déjà cette langue si différente de la leur. Mais elles ne le doivent pas seulement aux volontaires, leur propre motivation est aussi un point essentiel dans cette apprentissage, en effet, la connaissance de l’anglais leur sera obligatoire pour les vies futurs auxquelles elles aspirent.

32 élèves sur 70 souhaitent partir travailler à l’étranger

32 mains se sont levées dans le rang des plus jeunes (entre 11 et 12 ans) lorsque nous avons demandé qui désirait partir travailler à l’étranger. Pour les plus âgées les mains furent moins nombreuses, quoique tout aussi prompte. Et c’est alors que les destinations jaillissent, avec une préférence pour Londres dans les deux rangs. Les volontaires proviennent souvent de cette ville, les jeunes filles ont donc beaucoup entendues parler de la capitale britannique et rêve d’y travailler. Les Etats Unis viennent en seconde place, quoique l’explication soit un peu plus déconcertante : elles rêvent d’y vivre parce que « c’est un pays connu ». S’ensuivent alors des destinations telle que la France, l’Allemagne ou bien la Nouvelle Zélande, parfois parce qu’une des jeunes filles y est déjà allée pour des vacances et rêve d’y retourner, ou parfois parce qu’un membre de la famille y travaille déjà. Mais souvent il ne semble pas y avoir de raison particulière, si ce n’est ces trois mots qui revenaient sans cesse dans leurs explications : propreté, nourriture et style.

Pour certaines, leur rêve est juste de partir sans se soucier du pays ni même du métier, mais pour beaucoup leur futur est déjà entièrement pensé. Les docteurs et institutrices fusent du côté des plus jeunes, là où les plus âgés semblent se tourner vers l’ingénierie. Je n’oublierais jamais cette jeune fille de 12ans nous annonçant avec fermeté qu’elle voulait devenir ingénieure dans l’aérospatial, à l’image de cette célèbre femme indienne Kalpana Chawla, décédé en 2003, qui travaillait pour NASA. Notons aussi cette jeune fille rêvant de devenir créatrice de mode, afin de vivre de son talent pour le dessin.

Partir pour mieux revenir

Mais leur rêve ne s’arrête pas à quitter l’Inde pour pratiquer un métier à l’étranger, c’est d’ailleurs avec beaucoup plus de passion qu’elles nous expliquaient la suite de leurs ambitions. Le but est de revenir en Inde, la tète pleine de connaissances et les poches pleines de roupies, pour aider les plus pauvres. Ainsi les futurs docteurs veulent ouvrir un hôpital pour les plus pauvres, les institutrices des écoles gratuites, les futurs professeurs d’anglais veulent apprendre l’anglais aux villageois, notre créatrice de mode voudrait importer de nouveaux designs en Inde et pourquoi pas développer le rayonnent de l’Inde à travers la mode... Quant à celles qui n’étaient pas sûr que leur métier puisse être utile aux plus pauvres ou au développement de l’Inde, leur projet est simplement de donner l’argent gagné à ceux qui le nécessitent. Car avec des héros tels que Gandhi, Nehru ou Pratibha Patil (l’actuel président indien) elles se sentent toutes prises d’une réelle responsabilité d’aider l’Inde à se développer.

<< Il va falloir travailler dur >> nous disent elles, et observer les volontaires qui sont pour l’instant leur seul fenêtre sur ce monde inconnu. Cependant elles y travaillent déjà depuis plusieurs années et se sentent en quelque sorte prédestinée à cela, au point qu’elles ne doutent en rien de leurs capacités à y arriver. Pour elles, le plus dure sera plutôt le manque, une fois la bas ; le manque de leur famille, qui sont déjà très fières de savoir que leur fille à la capacité d’entreprendre de telles ambitions, de leur langue mais aussi de leur culture.

C’est donc le cœur plein de sourires que nous quittons, déjà nostalgique, ce lieu improbable ou l’espoir de ces jeunes écolières rime avec le désespoir de la population indienne. Nous avons alors lâché depuis bien longtemps ce léger sourire moqueur, car leur passion nous a touché au point de nous convaincre. Il ne nous reste donc plus qu’à leur souhaiter de ne pas perdre de telles ambitions et de travailler dur pour y aboutir...

April 2012 issue

This month, Ariane Lecuyer (France) and Leonie Rodenbuecher (Germany) met Dr. Jesuraj Mascarenas of the Pasam Trust - an extraordinary surgeon who dedicates his life to providing healthcare to people living in poverty in rural areas around Kodaikanal, Tamil Nadu; and James Lees (Australia) spends "A Day in the Life of a Rickshaw Driver" - the first in a new series that explores the professions of Madurai's people.

Summary

Editor's Corner

A Black and White Era in Journalism

COVER STORY

Healing Hands of Hope

PASSION

Destination Delicious

A DAY IN THE LIFE OF...

In the Driver's Seat

MAKING A DIFFERENCE

Giving from the Heart

CAREER

Truth Above All Else

ART

Art for the Soul

TRADITION

A Glorious Architectural Heritage

FIRST IMPRESSIONS

Ask and it is Given!

Incredible India

Hospitality Redefined

TRENDS

All that Glitters...

All the World's a Facebook!

VILLAGE VOICES

Sholavandan: A Pastoral Idyll

CULTURE KITCHEN

Bon Appetit!

BOOK REVIEW

Two Voices, Two Worlds

FILM

Hear Him Roar!