Le long de TPK Road dans le quartier Pasumalai de Madurai, Tamil Nadu, s’étendent sur des kilomètres des ateliers-échoppes de pierres sculptées. Dans le bruit infernal de scies circulaires entamant une pierre brute et dure et dans la poussière aveuglante, les tailleurs de pierres s’activent de 8 heures le matin à 6 heures le soir, le temps de la lumière du jour.
La sculpture, un moyen de gagner sa vie pour Raas
Raas, le propriétaire de l'atelier
Depuis 20 ans, Raas est propriétaire de l’un de ces ateliers. Il a toujours été dans la pierre. A l’âge de 10 ans, il a commencé comme tous les débutants par le polissage des pierres taillées par d’autres, en quelque sorte le travail de finition de l’œuvre. Puis, il s’est associé avec un sculpteur de pierres jusqu’à ce qu’il décide d’avoir son propre commerce. Un large sourire découvrant ses dents rougies par la noix de bétel, les yeux pétillants de l’intérêt qui lui est porté, il raconte que la sculpture n’est pas une passion pour lui, juste un moyen de gagner de l’argent. Lui-même dans son atelier ne se lance que rarement dans la sculpture et que sur des pierres de taille réduite. Quand les affaires marchent, il finit le mois avec 3000 Rps (un peu plus de 50€), salaires de ses ouvriers déduits. D’ailleurs, ses ouvriers, il en a deux, sont aussi ses associés. Il a compris que s’il veut éviter de se retrouver seul un matin dans son échoppe parce que le propriétaire de l’atelier situé dix mètres plus loin les a débauchés pour 10 Rps de plus la journée, il vaut mieux les intéresser à son commerce. La compétition est rude sur ce marché.
Des offrandes à la divinité sculptée
Janvier est une bonne époque pour les affaires. C’est le mois du Pongal, une fête des moussons et d’actions de grâce et, l’occasion de recevoir des faveurs de la part des divinités que l’on invoque. A Madurai, c’est l’affluence. Les habitants des quatre ou cinq districts alentour se rendent nombreux dans la ville du Temple Meenakshi. Raas, lui, est justement spécialisé dans la sculpture de divinités. Ganesh et Kali font partie de son stock. Les dieux en pierre sont achetés par les prêtres grâce aux dons des fidèles. Quelques fois mais rarement, c’est une personne unique qui va payer la statue et en faire don au temple. Une fois terminée, la sculpture n’est pas encore prête à quitter l’atelier. Avant, il faut célébrer une pūjā. Pendant cette cérémonie, toutes les personnes présentes dans l’atelier font des offrandes de noix de coco et de bananes au dieu ou à la déesse de pierre. Arrivée à son temple d’accueil, la divinité a de nouveau droit à une pūjā, pratiquée cette fois-ci par le prêtre de service.
Suresh, tailleur de pierre
Tailleur de pierre : un métier risqué
Le bruit assourdissant de la scie circulaire cesse un court moment et laisse entendre des coups de marteau sur un clou géant. Il y a encore peu, la scie n’était pas utilisée et les problèmes de poussière libérée lors de la taille de la pierre moins importants. Maintenant, les ouvriers travaillent dans une atmosphère lourde en matière minérale qui pénètre abondamment dans les voies respiratoires. Les tailleurs souffrent d’asthme et surtout de silicose. Ils savent à quoi ils sont confrontés mais porter un masque empêcherait, nous dit Raas, de bien voir la forme de la pierre.
Suresh, l’un des associés de Raas a 22 ans. Il travaille depuis l’âge de 13 ans et gagnait à l’époque 5 Rps par jour à polir la pierre. Il s’est ensuite lancé dans une formation en sculpture. De base, elle a duré trois mois, précise-t-il. Créatif, il taille la plupart du temps sans dessin modèle. Comme les autres, il absorbe son lot quotidien de poussière et semble heureux de son sort. Le travail de la pierre est autrement dangereux : il y a trois mois, la scie circulaire en fonctionnement a dérapé et lui a entaillé le torse. Une longue et énorme cicatrice laboure sa poitrine. A présent il est remis mais les frais d’hôpital étaient très chers. Les divinités qu’il sculpte veillent sur lui.
When Madurai Messenger (formerly Times of Madurai) decided to devote this issue to a theatre special (to commemorate World Theatre Day on March 27), we had an unexpected opportunity to watch the play Hind Swaraj (based on Mahatma Gandhi's book of the same name written in 1908) performed by Parnab Mukherjee and Cordis Paldano at the Madurai Messenger office.
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