Nous sommes un 25 avril lorsque je posai pour la première fois les pieds à Madurai. En empreintant le chemin, qui me mènera à ma famille d’accueil, j’ai pu admirer les multiples temples, églises et statues religieuses, qui bordent les villages et les routes. Des chants religieux ont également pu rythmer mon voyage.
Il ne m’a pas fallu longtemps pour comprendre l’importance de la religion dans ce pays. Je ne fus donc pas surprise lorsque la première question, de ma famille d’acceuil, fut de savoir à quelle religion j’appartenais. Pour les indiens il est inconcevable de ne pas croire en un Dieu ! C’est en tout cas ce qu’ils ont rétorqué lorsque je leur ai répondu que je n’étais pas croyante !
Le lotus d’or
Ma famille d’accueil, quant à elle, est hindoue. Je me suis donc vite intéressée à cette religion, qui me passionnait déjà auparavant. Et quoi de mieux que de visiter un temple pour en apprendre plus ! Je n’ai donc pas tardé à me rendre au Meenakshi Temple, le plus gros temple de la ville, qui attire d’ailleurs, chaque jour, six mille hindous et touristes. C’est un immense et magnifique monument dédié à la déesse Meenakshi.
On ne connait pas vraiment l’origine de ce temple (qui l’a construit et quand) tout ce que nous savons c’est qu’il existait déjà il y a plus de deux millénaires car beaucoup d’anciens livres tamils le mentionnent à cette époque. En 1310, il fut saccagé par un envahisseur musulman Malik Kafur et tous les anciens éléments ont été détruits.
Si nous connaissons ce temple, tel qu’il en est aujourd’hui, c’est grâce aux Nayaks. Ces derniers ont régné sur Madurai entre le 16ème et 18ème siècle. C’est le premier roi Nayak qui prit l’initiative de reconstruire le temple, mais les travaux les plus importants ont été entrepris par le roi Thirumalai Nayak entre 1623 et 1659. Il s’est beaucoup investi dans la construction de différents complexes à l’intérieur et à l’extérieur du temple.
Linga (symbole du dieu Shiva) dans le temple Meenakshi
Toute une ville s’est alors construite autour de ce temple, selon un agencement particulier. En effet, vu du ciel, la ville de Madurai forme un lotus, le coeur étant le temple et les rues étant les pétales. Pour les hindous le lotus est une fleur sacrée, c’est dans celle-ci que naissent les dieux et déesses.
Ce temple, comme je l’ai dit auparavant, est dédié à la déesse Meenakshi. Il n’est donc pas étonnant de savoir que la partie la plus importante du monument est son sanctuaire, où des milliers de croyants se ruent chaque jour. Malheureusement ce lieu n’est réservé qu’aux hindous, je ne peux donc pas vous en dire d’avantage sur l’intérieur de cette pièce. Il en est de mềme pour le sanctuaire de Sundareswarar situé à quelques pas, vers la porte ouest du temple. Un hindou, qui se rendait ici pour la première fois, m’a confié qu’après avoir vu ces deux Ammans (sanctuaires), il se sentait plus heureux.
En effet ces deux Dieux sont relativement importants car ils sont l’incarnation de Parvati et de Shiva. Il existe des milliers de dieux dans la religion hindoue mais les trois plus importants sont Brahma (dieu créateur du monde), Vishnu (dieu protecteur du monde) et Shiva (dieu destructeur).
Lord Ganesh dans le temple Meenakshi
La légende raconte alors que Shiva décida un jour d’envoyer son épouse, Parvati, sur terre et que lorsqu’elle serait plus grande il descendrait à son tour pour l’épouser. C’est alors qu’est né Meenakshi (incarnation de Parvati) et Sundareswarar (incarnation de Shiva). Leur mariage est célébré tous les ans en mars/avril. Un très grand festival (the Chitra festival) qui attire beaucoup de pèlerins. Il se trouve que je suis arrivée le jour de cette célébration et il était vraiment difficile de marcher dans les rues en raison de la foule impressionnante.
On peut ensuite admirer, en rejoignant le Meenakshi Amman depuis le Sundareswarar Amman, une superbe et immense statue de Ganesh (fils de Shiva et Parvati) couverte d’huile et de fleurs. En se rendant ensuite vers la porte sud du temple on peut voir le fameux bassin sacré Porthamarai Kulam (qui signifie ”bassin avec le lotus d’or” en Tamoul), où de nombreux croyants viennent y prendre un bain (l’eau étant considérée comme sacrée) pour se purifier le corps avant de rentrer dans les Ammans. Malheuresement je n’ai pas pu voir parce que nous sommes en pleine saison d’été et la chaleur a vidé le bassin de toute son eau.
Sculptures en bronze et en ivoire
Lors des mariages, la foule afflue et s’entasse dans les allées de colonnes ou de marches qui entourent le bassin. Le jour de ma visite au temple on célébrait trois mariages différents, il y avait donc une foule assez impressionnante, constituée de tous les membres de la famille des mariés. J’ai pu voir un magnifique couple en tenue traditionnelle, vraiment intéressant !
Au milieu de ce bassin se dresse un énorme lotus d’or, tout simplement magnifique !
L’histoire nous dit que l’ancienne congrégation des poètes tamils (Tamil Sangam) se tenait autour de ce bassin, où le silence et l’atmosphère paisible permettaient de trouver l’inspiration.
Sculptures en bronze et en ivoire
En ce qui me concerne c’est la partie du temple que j’ai le plus appréciée. On s’y sent bien, on a l’impression d’ềtre dans un rềve, on oublie tout et plus rien ne nous tourmente.
Ma famille d’acceuil m’a d’ailleurs racontée que lorsqu’ils n’allaient pas bien ils se rendaient ici pour libérer leurs esprits de toutes les mauvaises pensées. Pour moi c’est tout simplement un lieu magique.
De plus on peut admirer d’ici une bonne partie des douze tours qui entourent le temple. Chacune d’entre elles est recouverte de milliers de sculptures de dieux, déesses et de personnages mythologiques. Elles représentent des contes légendaires.
Le hall aux milles colonnes
Le travail effectué, sur celles- Le lotus d’or ci, est vraiment impressionnant. On pourrait passer des heures à admirer les moindres détails de chaque sculpture.
Les quatre tours qui protègent le temple et qui servent d’entrée sont les plus hautes de toutes. Par exemple l’entrée sud mesure 52m de haut et est recouverte de 1500 sculptures.
Pour finir ma visite je me suis rendue dans la salle aux Milles Colonnes, la galerie la plus grandiose. Une forêt de pilliers sculptés, offrant une fantastique perspective. Quelques colonnes émettent des notes de musique quand on les frappent. Cette partie du temple abrite également un musée qui recèle d’anciens bronzes et belles sculptures en ivoire. Ce temple mérite vraiment le détour, pour moi se fut une visite vraiment enrichissante.
When Madurai Messenger (formerly Times of Madurai) decided to devote this issue to a theatre special (to commemorate World Theatre Day on March 27), we had an unexpected opportunity to watch the play Hind Swaraj (based on Mahatma Gandhi's book of the same name written in 1908) performed by Parnab Mukherjee and Cordis Paldano at the Madurai Messenger office.
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